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Dans la "groove", La guérison naturelle par le tambour
par Ma Anand Suraj (The Whirling Rainbow Center, Alaska)

Pendant plusieurs milliers d’années, le tambour à été le battement de cœur central des communautés pour les peuples indigènes de la planète. Il a été utilisé pour des rituels de passage, pour des cérémonies et pour la célébration des changements de saisons et des cycles de la nature. Au seuil du nouveau millénaire, nous commencons tout juste à se rappeler et redécouvrir la puissance de guérison inhérente au tambour. Des articles importants décrivant les effets thérapeutiques du tambour sont parrus dans le New York Times, The Yoga Journal et Newsweek. Plusieurs études rapportent les effets calmants et l’aide à la capacité à se concentrer venant du fait de jouer le tambour en groupe pour les patients atteints d’Alzheimer, les adolescents émotionnellement perturbés, les enfants autistiques, les prisonniers et les gens sans abris.

D’une certaine façon, dans notre société industrialisée, nous en sommes venus à oublier le rythme naturel de notre corps. Dans le monde scientifique, ils appelent cela la fréquence de résonance de base du corps. Le corps humain est un orchestre de vibrations, une mélodie divine dansant à l’intérieur de nos organes et circulant dans un cycle infini de pulsations rythmiques. Les scientifiques et les thérapistes du monde de la santé savent que le cœur n’est pas le seul organe ayant un pouls. Par contre, étant le pouls le plus puissant du corps, le cœur détermine la relation rythmique avec tous les autres organes. Dans un état de bien-être, le pouls de chaque organe se met naturellement en synchronicité avec tous les autres organes du corps. Cette mélodie divine danse aussi aux niveaux cellulaires, atomiques et sub-atomiques du corps. La force motivant différents rythmes à se synchroniser avec une fréquence plus puissante nous réfère à des écrits datant des années 1800 définissant la Loi de l’Entraînement. Christian Hugens avait découvert qu’en plaçant plusieurs horloges à pendules dans une même pièce et qu’en démarrant les pendules à différents moments et différentes vitesses, qu’après un court laps de temps toutes les horloges en venaient à se synchroniser dans un rythme unique. Des scientifiques au Heart Institute l’ont aussi découvert en plaçant deux cœurs côtes à côtes dans des pots de vitre. Après quelques heures, les cœurs en venait à battre au même pouls. Quand un groupe de femmes vivent dans la même maison, leurs cycles menstruels en viennent souvent à se synchroniser. Entraînement. Le cœur d’un fœtus apprend à battre au pouls du cœur de sa mère. Pour les musiciens percussionnistes comme moi, nés dans les années 1960, nous appelons cette effet d’entraînement « être dans la groove ».

Lorsque nous vivons du stress, nous expérimentons la désynchronisation du rythme naturel de certaines parties de notre corps. C’est comme si un orchestre jouait et que soudainement la section des violons commencait à jouer hors rythme, étant complètement hors tempo. Bientôt le reste de l’orchestre aurait bien de la difficulté à retrouver le rythme du groupe de la musique. L’harmonie de groupe deviendrait séparée et déconnectée.

Un article sur la page couverture de Newsweek en 1996 intitulé « Your child’s brain » (« Le cerveau de votre enfant ») présentait une évidence frappante du besoin fondamental de rythme dans le cerveau. L’article décrivait le stress produit lorsque le cerveau était dépourvu de ce besoin. Nous savons tous combien le stress est une cause primaire d’une multitude de maladies. La « All One Tribe Foundation » et bien d’autres organisations dans le domaine des thérapies alternatives stipulent que le stress est « le résultat d’une fragmentation psychique, litéralement d’être déconnectés de notre moi profond ». Les shamans des cultures indigènes ont utilisé le tambour pendant plusieurs milliers d’années comme un outil de rapatriement des parties de l’âme qui ont été perdues, gelées et oubliées au cours de l’aventure humaine.

Une nouvelle étude menée par Barry Quinn Ph.D., un psychologue clinicien spécialisé dans le neuro-biofeedback pour la gestion du stress, indique que de jouer du tambour pendant de brèves périodes de temps peut en effet changer les patterns de féquences du cerveau et radicalement réduire le stress. Depuis plus de 8 ans, le Dr Quinn travaille à savoir comment une variété de techniques affectent les fréquences du cerveau. Il dit que les résultats de tests faits sur des patients vivant une énorme charge de stress, à qui il leur a dit de jouer du tambour de 30 à 40 minutes, ont été les meilleurs et les plus concluants depuis le début de sa recherche. Avant ce test, en effet, aucune autre technique utilisée durant les 8 années de la recherche NBF de Dr Quinn a permis un retour significatif des fréquences de relaxation Alpha dans le cerveau de ses patients. Alpha (8 à 12 hertz ou cycles par seconde) est un état de relaxation mentale manquant pour à peu près 40% de la population.

Jouer le tambour semble créer un genre d’entraînement rythmique, permettant à nos corps physiques, mentaux et spirituels de se rappeler leur rythme naturel. Le tambour est comme le chef d’orchestre rappelant à la maison du rythme les parties fragmentées (les violons dans l’example plus haut). Lorsqu’on joue le tambour, nous pouvons revivre ce sentiment d’être de retour dans notre rythme naturel, cet état paisible de bien-être.

Le Heart Institute (Institut du Cœur) a aussi découvert qu’ultimement, ce qui signale au cœur de battre n’est pas le cerveau comme on le pensait au début mais bien le pouls rythmique de la Terre créé par sa rotation et son oscillation. La fréquence ou le résonnement de la Terre est de 7,5 hertz. D’intérêt et sans surprises, 7,5 hertz se situe entre les stades Alpha et Thêta, les fréquences associées à la relaxation profonde, la méditation et le sommeil, le même état procuré par le fait de jouer du tambour.

Je ne trouve pas que c’est une coincidence que le fait de jouer du tambour nous amène à cet état Alpha ou relaxation profonde connu par les anciens shamans comme l’état de transe. Quand nous sommes dans cet état profond de relaxation, nous sommes aussi en parfaite harmonie avec le pouls de la Terre. Les peuples indigènes appelaient cela « battre au rythme de la Mère Terre ». Comme le fœtus dans le ventre de sa mère, nous ressentons ce profond repos lorsque nous « battons » en harmonie avec le pouls de notre Mère la Terre. Pour certains, ceci peut sembler métaphorique mais la science le confirme litéralement. C’est la loi naturelle de l’entraînement, la loi naturelle d’être en union et d’expérimenter le Tout comme Un. La science, par contre, est devenue une recherche si intellectuelle qu’elle reflète à même la déconnexion avec le cœur (notre centre d’amour et des relations) et le corps physique (notre centre d’intuition) d’où vient le stress. Vivre seulement avec notre intellect nous déconnecte du rythme naturel de la vie. Nous pouvons sûrement comprendre le concept d’harmonie avec notre cerveau mais nous ne pouvons véritablement « savoir et ressentir » l’unité que par l’union de la sagesse de l’intellect, du cœur et du corps. Le tambour et son rythme est un language universel qui parle au trois parties.

Pour certains de nous, ces études scientifiques n’apportent rien de nouveau. Je ne connais personne qui, lorsqu’il voit un tambour, n’a pas envie de le jouer.


© Droits d’auteur appartenant à Ma Anand Suraj

Traduit par Stéphane Ouimet, 2004


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